C’est dans le quartier industriel de Vaudreuil-Dorion que j’ai eu le plaisir de rencontrer Samuel Goyer et Jessica Goyer, le duo dynamique frère-sœur, derrière la troisième génération de Les Industries André inc., une entreprise bien d’ici spécialisée dans les portes de garage résidentielles, commerciales et industrielles.
On a souvent l’image de la relève comme un simple passage de flambeau mais, ici, c’est plutôt une véritable mise à feu technologique qui s’opère, tout en gardant les pieds bien ancrés dans les valeurs humaines léguées par leur grand-père.
D’un garage à une institution : trois générations de passion
Tout a commencé en 1978 avec André Goyer. C’est dans la cinquantaine, après la faillite de son ancien employeur, qu’André décide de ne pas se laisser abattre et de lancer sa propre entreprise de portes de garage, dans son garage.
« Mon grand-père ne l’a pas partie très jeune, il avait 50 ans passés. Il a demandé à son ancien patron si ça dérangeait qu’il parte sa propre compagnie, il est allé voir ses clients… et ils l’ont suivi! » me raconte Jessica.
Le père de Samuel et Jessica, Richard, et leur oncle Jacques ont ensuite pris le relais, installant des portes dès l’adolescence avant de racheter l’entreprise en 1988. Aujourd’hui, Samuel, président, et Jessica, vice-présidente et directrice des opérations, sont officiellement aux commandes après un processus de rachat entamé en 2022.
Le choc des époques : du papier au numérique
L’arrivée de Samuel dans l’entreprise n’a pas été qu’une question de nom de famille. Avec un baccalauréat en finance et une maîtrise en stratégie en poche, il a apporté un regard neuf — et un peu de « brassage » dans les méthodes traditionnelles.
À ses débuts comme consultant interne, Samuel a immédiatement informatisé tout ce qui touche les transactions et la facturation.
« Si j’ai besoin de me lever de mon ordinateur pour trouver une information, ça ne fonctionne pas! », explique Samuel, qui a rapidement implanté des systèmes informatisés pour tout centraliser.
Pendant que Samuel s’occupe de la stratégie et de l’automatisation, Jessica, forte de son expérience en gestion et en service à la clientèle, assure la cohésion de l’équipe et la gestion quotidienne, grâce à ses études en management à Concordia. Elle a donc su faire sa place dans l’entreprise pendant ses études.
L’IA au service du métier : quand une PME construit son propre cerveau numérique
Chez Les Industries André, on ne craint pas l’avenir — on le programme soi-même. Samuel a développé, de toutes pièces, un logiciel de gestion d’entreprise entièrement sur mesure qui connecte tous les aspects des opérations : de la comptabilité à la répartition des techniciens sur le terrain, en passant par les fournisseurs et les appels d’offres gouvernementaux.
« Notre défi, c’était que tous nos logiciels vivaient dans des silos. Acomba ne parlait pas à notre système de dispatch, nos fournisseurs envoyaient des données dans tous les sens… Aujourd’hui, tout converge au même endroit. » explique Samuel.
Mais ce qui distingue vraiment l’approche, c’est l’intégration de l’intelligence artificielle dans des tâches concrètes. Aujourd’hui, lorsqu’une soumission est préparée, le système la compare automatiquement au devis du client et signale tout élément manquant ou oublié — une validation qui, avant, reposait entièrement sur l’œil humain et l’expérience du soumissionnaire.
L’entreprise a également automatisé la veille des appels d’offres publics sur le système SEAO, recevant des alertes ciblées dès qu’un contrat gouvernemental correspond à leur expertise. La prochaine étape? Que l’IA lise directement les plans architecturaux en format PDF pour extraire automatiquement les spécifications et générer les soumissions — un projet déjà en développement.
« Ce n’est pas de la technologie pour la technologie. Chaque automatisation qu’on met en place, c’est du temps redonné à nos équipes pour se concentrer sur ce qu’ils font le mieux. » conclut Samuel.
Développement Vaudreuil-Soulanges (DEV) : un soutien indispensable dans la relève entrepreneuriale
Pour naviguer dans les eaux parfois troubles d’un rachat d’entreprise, Samuel et Jessica ont pu compter sur l’appui de Développement Vaudreuil-Soulanges.
Christine Mariano, conseillère SAE et transfert d’entreprise chez DEV, a agi comme une boussole pour orienter le duo vers les bonnes ressources et subventions, notamment pour le virage numérique.
« C’est vraiment rassurant d’avoir des experts à nos côtés pour nous guider. En plus, ce sont des services gratuits; on sent qu’ils sont sincèrement là pour nous aider à propulser notre entreprise. », me dit Samuel.
Grâce au Fonds local d’investissement, un programme de DEV, l’entreprise a bénéficié de prêts avantageux qui ont facilité la transition entre le père et ses enfants. Cette aide financière agit comme levier dans le montage financier et est encadrée par de l’accompagnement personnalisé des conseillers dans le transfert d’entreprise.
De plus, Jessica a suivi une formation du Programme d’accès aux marchés publics afin de savoir comment le système SEAO (système électronique d’appel d’offres) fonctionne, ce qui a permis à l’entreprise de soumissionner sur de nouveaux marchés gouvernementaux. Cette même formation sera offerte à nouveau dans les locaux de DEV le 14 mai prochain.
« On peut dire que cette formation a vraiment aidé à notre développement des affaires. Ça nous a permis de voir les différents contracteurs que nous n’avions pas comme clients qui soumissionnaient sur les projets. De cette façon, nous avions plus de chances d’aller chercher ces contrats. » explique Jessica.
Une équipe, une famille
Aujourd’hui, Les Industries André inc., c’est une équipe de 21 personnes qui rayonne de Vaudreuil-Soulanges jusqu’en Ontario, en passant par l’île de Montréal, autant avec des projets résidentiels, que commerciaux, tels que la Société de transport de Montréal ou l’Hôpital de Vaudreuil-Soulanges.
L’esprit de famille n’est pas qu’une étiquette : c’est une réalité quotidienne où la collaboration brise les silos et où chaque technicien est vu comme un expert dans son domaine.
« Notre priorité actuelle, c’est de solidifier nos fondations. On a la chance d’avoir déjà une base excellente, mais on veut maintenant que l’entreprise soit à notre image et reflète notre vision. Une fois que tout sera bien ancré selon notre philosophie, on pourra penser à l’expansion, que ce soit par des acquisitions ou d’autres projets. » expliquent les deux entrepreneurs.
Avec une telle énergie, nul doute que la porte est grande ouverte vers un futur brillant pour ces entrepreneurs de chez nous!
Rédaction : Audrey Besner, A-gence de comm
Crédit photo : Catherine Ledoux Photographie